Alternative à Cloudflare : par quoi remplacer chaque service, et comment partir sans coupure

Huit destinations classées selon le service que tu quittes, et un plan de sortie en neuf étapes.

Cloudflare, ce n'est pas un outil mais cinq : un CDN (le cache qui sert ton site depuis des centaines de villes), un pare-feu et un anti-DDoS, un DNS, une plateforme de code (Workers et Pages) et des tunnels Zero Trust. On ne remplace pas « Cloudflare », on remplace le service qu'on utilise. La réponse courte : Bunny.net pour le CDN, européen et à 0,01 $ le Go en Europe ; Gcore si tu veux 1 To gratuit par mois, facturé en euros ; CloudFront si tu es déjà chez AWS ; Fastly pour le gros trafic et le réglage fin ; Vercel ou Netlify pour remplacer Pages ; Bunny DNS ou deSEC pour le DNS seul ; Tailscale ou Pangolin pour les tunnels. Une chose avant de choisir : aucun service gratuit n'offre aujourd'hui l'anti-DDoS illimité, le pare-feu et le CDN réunis à 0 $. Partir a un prix, en argent ou en temps. Nous avons comparé ces huit destinations et vérifié leurs prix en 2026.

Romain CochardCEO de Hack'celeration
Mis à jour 20268destinations détaillées9étapes de sortie2026prix vérifiés

Certains liens peuvent être affiliés. Le classement est éditorial : une place sponsorisée est toujours signalée sur sa fiche, et aucun lien affilié ne change une note.

Les vraies raisons

Pourquoi on quitte Cloudflare, et pourquoi beaucoup restent

Soyons francs : sur le papier, Cloudflare est dur à battre. Le plan gratuit met ton site en cache, fournit le certificat SSL, bloque les attaques DDoS sans plafond et applique un pare-feu, pour 0 $. Dans notre classement des CDN, il a la meilleure note, 4,6/5. Les départs viennent d'ailleurs : la peur de dépendre d'un seul acteur, deux pannes mondiales en 2025, un support réservé aux plans payants, et des questions de confidentialité. Six raisons, chacune vérifiée.

Deux pannes mondiales en quelques semaines

En 2025, une panne de près de six heures a touché le CDN, Turnstile, Workers KV, Access et même la connexion au tableau de bord. Cloudflare l'a expliquée publiquement : un changement de droits dans une base de données a doublé la taille d'un fichier utilisé par la protection anti-robots, et ses serveurs ont refusé de le charger. Ce n'était pas une attaque. Cloudflare la décrit comme sa pire panne depuis 2019. Quelques semaines plus tard, un changement de règle du pare-feu, poussé en urgence contre une faille de React, a coupé environ 28 % du trafic HTTP qu'il sert, pendant moins d'une heure. Ton site était en ligne, mais personne ne pouvait l'atteindre.

Un compte peut être coupé vite

Un client du plan Business (250 $ par mois) a raconté s'être vu demander 120 000 $ d'avance pour un an d'Enterprise, avec 24 heures pour signer. Après qu'il a parlé de négocier avec Fastly, tous ses domaines ont été retirés : DNS, cache et emails entrants. Il a migré en urgence vers Fastly. Des articles publiés ensuite donnent une autre version : le client exploitait un casino en ligne, et Cloudflare invoquait une violation de ses conditions d'utilisation. Les deux versions circulent. La leçon, elle, ne dépend pas de qui avait raison : ne garde pas ton nom de domaine chez ton CDN, et sois capable de partir en 24 heures.

Le support humain commence à 20 $ par mois

Le plan gratuit n'a que le forum et la documentation. Les tickets arrivent avec Pro (20 $ par mois en annuel), le chat avec Business (200 $ en annuel), le téléphone 24 h sur 24 seulement en Enterprise, sur devis. Le SLA de disponibilité de 100 % est réservé à Business et Enterprise. Dans les avis, le même reproche revient : pendant une attaque, sans Business, personne à joindre. Autre irritant fréquent : des visiteurs légitimes bloqués par erreur, surtout ceux qui passent par un VPN ou Tor.

Ton trafic est déchiffré chez Cloudflare

Quand le nuage orange est activé, la connexion HTTPS de ton visiteur s'arrête chez Cloudflare, qui la déchiffre, l'inspecte puis la rechiffre vers ton serveur. Les données passent donc en clair sur ses machines. Soyons justes : tout CDN qui met en cache et tout pare-feu applicatif fait pareil, Bunny.net et Fastly compris. Seul un service en DNS seul, sans proxy, évite ce passage. Si c'est ta vraie raison de partir, change de modèle, pas seulement de fournisseur.

Une société américaine, soumise au Cloud Act

Cloudflare est américain. Le Cloud Act permet aux autorités des États-Unis d'exiger des données d'une société américaine, même stockées en Europe. Cloudflare encadre les transferts par le Data Privacy Framework UE-États-Unis et des clauses contractuelles types, et publie un accord de traitement des données en français. Aucune décision de la CNIL visant Cloudflare n'a été trouvée. Ce n'est donc pas « illégal », c'est une question à poser à ton DPO selon les données qui transitent. Bunny.net (Slovénie) et Gcore (Luxembourg) sont les réponses européennes les plus citées.

Plus tu utilises Workers, plus c'est dur de partir

Un site statique derrière le CDN se déplace en une journée. Une application qui tourne sur Workers avec KV, Durable Objects, R2 ou D1, non : ces briques n'ont pas d'équivalent direct ailleurs, et il faut réécrire. Le refuge classique, Deno Deploy, ne l'est plus : Deno a annoncé en 2026 rejoindre Cloudflare, et Deno Deploy doit fermer six mois après cette annonce. Sur les forums de développeurs, Workers et R2 sont souvent cités comme ce qu'il y a de plus difficile à remplacer. Si tu veux garder la porte ouverte, garde ton code le plus standard possible.

Les 8 alternatives

Les alternatives à Cloudflare, service par service

Pour chaque outil : pourquoi partir chez lui, pour qui il est fait, sa limite, comment y migrer depuis Cloudflare, et ce qu'il coûte. Les prix sont ceux affichés par les éditeurs en 2026, en dollars quand l'éditeur n'affiche que des dollars. Les notes sur 5 sont celles de nos autres pages et ne changent pas d'une page à l'autre. Pour choisir un CDN dans l'absolu, sans partir de Cloudflare, lis notre classement des meilleurs CDN. Trois pistes valent une ligne sans mériter une fiche : Akamai, sans grille publique, réservé aux grands comptes ; Sucuri, pare-feu pensé pour WordPress, et Imperva, tous deux sur devis faute de prix officiel lisible ; BunkerWeb, pare-feu applicatif open source français, à héberger toi-même devant ton serveur (ce n'est pas un CDN).

01

Bunny.net : le remplaçant européen le plus cité

CDN, pare-feu et DNS

Pourquoi partir sur Bunny.net. C'est le nom qui revient dans presque tous les récits de départ. L'éditeur est slovène, le prix se lit en une ligne : 0,01 $ le Go en Europe et en Amérique du Nord sur le réseau Standard (119 points de présence), 0,03 $ en Asie et Océanie, 0,045 $ en Amérique du Sud, 0,06 $ au Moyen-Orient et en Afrique. Le réseau Volume, sur 10 points de présence, descend à 0,005 $ le Go. Le minimum est de 1 $ par mois. À 1 To par mois en Europe, tu paies 10 $. Bunny remplace en plus deux autres services de Cloudflare : Bunny Shield (pare-feu de 71 règles gratuit en Basic, Advanced à 9,5 $ par mois, Business à 99 $, anti-DDoS inclus) et Bunny DNS, gratuit jusqu'à 500 domaines par compte, requêtes illimitées, DNSSEC compris.

Pour qui. Les sites de PME, les boutiques, les blogs et les médias qui veulent sortir de Cloudflare sans changer de budget, et ceux qui servent de la vidéo : le prix au Go ne fait pas de différence entre une image et un film.

Pour qui ce n'est pas fait. Ceux qui comptent sur Cloudflare pour cacher l'adresse IP de leur serveur. Bunny fonctionne en « zone pull » : ton domaine pointe vers Bunny par un CNAME, qui va chercher les fichiers chez toi. Ce n'est pas le même proxy complet que le nuage orange.

Sa limite. Un support et un moteur de scripts en périphérie (Edge Scripting) critiqués par certains développeurs, et pas de gratuit pour le CDN lui-même : l'essai dure 14 jours, sans carte. Shield Basic et Bunny DNS, eux, sont gratuits.

Comment migrer depuis Cloudflare. Crée une zone pull avec l'IP réelle de ton serveur comme origine, ajoute ton nom d'hôte, puis clique sur « Verify & Activate SSL » pour obtenir le certificat. Règle le cache sur « respecter les en-têtes de l'origine » plutôt que de recréer tes règles une par une. Un détail qui piège : un en-tête no-cache à l'origine veut dire « pas de cache » chez Bunny. Pour cacher le HTML en périphérie, un utilisateur conseille public, s-maxage=86400, max-age=0, puis une purge après chaque publication.

Prix
0,01 $/Go en Europe, minimum 1 $/mois
Notre note
4,4/5
Remplace
CDN, pare-feu, DNS
Limite
ne masque pas l'IP comme le proxy complet
Voir les prix de Bunny.net →
02

Gcore : le plus généreux en gratuit, en euros

1 To gratuit par mois

Pourquoi partir sur Gcore. Parce que c'est le plus proche du « gratuit » de Cloudflare côté CDN. Gcore, éditeur luxembourgeois, offre 1 To de trafic par mois, puis facture 0,01 € le Go jusqu'à 500 To, 0,008 € jusqu'à 1 Po, 0,0065 € jusqu'à 2 Po et 0,005 € au-delà. Pas d'abonnement, pas de carte demandée, et plus de 210 points de présence. Un site qui sert 1 To par mois ne paie rien.

Pour qui. Les PME et les sites à trafic moyen qui veulent un CDN européen, facturé en euros, sans engagement.

Pour qui ce n'est pas fait. Ceux qui comptaient sur l'anti-DDoS et le pare-feu gratuits de Cloudflare : chez Gcore, ces protections se vendent à part.

Sa limite. La protection est le point faible de sa note (3,4/5 sur ce critère chez nous), et le support est jugé moyen. Si ton site est régulièrement attaqué, prévois un budget pour la protection ou regarde Bunny Shield.

Comment migrer depuis Cloudflare. Même logique que chez tout CDN en mode pull : tu déclares ton serveur comme origine, tu ajoutes ton domaine, Gcore émet le certificat, puis tu fais pointer un sous-domaine vers lui pour vérifier avant de basculer le site entier.

Prix
1 To gratuit, puis 0,01 €/Go
Notre note
4,1/5
Remplace
CDN
Limite
pare-feu et anti-DDoS vendus à part
Voir les prix de Gcore →
03

Amazon CloudFront : si ton site vit déjà chez AWS

Forfait sans dépassement

Pourquoi partir sur CloudFront. AWS propose désormais des forfaits par distribution, sans facture de dépassement : Free à 0 $ (1 million de requêtes, 100 Go, 5 règles de pare-feu), Pro à 15 $ par mois (10 millions de requêtes, 50 To, 25 règles), Business à 200 $ (125 millions, 50 To, 50 règles), Premium à 1 000 $. Tu peux aussi rester à l'usage : 1 To et 10 millions de requêtes gratuits par mois, puis 0,085 $ le Go aux États-Unis et en Europe. Pour un site déjà hébergé sur S3 ou EC2, c'est la sortie la plus naturelle.

Pour qui. Les équipes techniques déjà chez AWS, qui veulent tout gérer dans la même console et la même facture.

Pour qui ce n'est pas fait. Le petit site qui veut un réglage en cinq minutes. La configuration de CloudFront demande plus de connaissances que celle de Cloudflare.

Sa limite. La mise en place (3,4/5 chez nous) et le support (3,5/5). Et le DNS ne suit pas : il faut Route 53 ou un autre fournisseur.

Comment migrer depuis Cloudflare. Crée la distribution avec ton bucket ou ton serveur comme origine, demande un certificat dans AWS Certificate Manager, recopie tes règles de cache et de redirection, puis change l'enregistrement DNS une fois la distribution déployée.

Prix
Free 0 $, Pro 15 $/mois
Notre note
3,9/5
Remplace
CDN, pare-feu (règles limitées)
Limite
configuration plus technique
Voir les prix de CloudFront →
04

Fastly : le contrôle fin, à prix fort

Gros trafic

Pourquoi partir sur Fastly. C'est la destination choisie par le client de l'affaire des 120 000 $, et celle des équipes qui veulent régler chaque détail : la logique de cache se programme (VCL, puis Compute pour exécuter du code en périphérie). Fastly offre 100 Go et 1 million de requêtes par mois et par région, puis facture 0,12 $ le Go en Amérique du Nord et en Europe. L'anti-DDoS coûte 1 $ par tranche de 10 000 requêtes au-delà de 500 000, le pare-feu Next-Gen se négocie sur devis, et l'offre Deliver Basic commence à 1 500 $ par mois.

Pour qui. Les médias, les boutiques à fort trafic et les plateformes qui ont une équipe technique et un budget à la hauteur.

Pour qui ce n'est pas fait. Une PME qui sort du plan gratuit de Cloudflare. À 1 To par mois, la facture tourne autour de 108 $ hors requêtes, contre 10 $ chez Bunny.

Sa limite. Le prix, d'où sa note de 3,4/5, la plus basse de nos CDN, malgré un réseau noté 4,5/5.

Comment migrer depuis Cloudflare. Recense d'abord tes règles de cache, de redirection et de pare-feu : elles se réécrivent en VCL ou dans l'interface de Fastly. Vérifie sur un sous-domaine, puis bascule le site.

Prix
0,12 $/Go après 100 Go gratuits
Notre note
3,4/5
Remplace
CDN, Workers (Compute)
Limite
cher pour un petit site
Voir les prix de Fastly →
05

Vercel : pour remplacer Pages et Workers sur une application web

Remplace Pages

Pourquoi partir sur Vercel. Si ton site est sur Cloudflare Pages ou une application Next.js tourne sur Workers, Vercel est la sortie la mieux balisée : il publie un guide officiel de migration depuis Cloudflare. Hobby est gratuit (100 Go de trafic, plafonné, usage personnel non commercial). Pro coûte 20 $ par mois et par développeur, avec 1 To inclus, puis à partir de 0,15 $ le Go. L'anti-DDoS est inclus sur tous les plans, avec 3, 40 ou 250 règles de pare-feu personnalisées selon le plan.

Pour qui. Les équipes qui développent en Next.js ou en React et veulent des aperçus par branche et un déploiement à chaque modification.

Pour qui ce n'est pas fait. Un site commercial qui comptait rester gratuit : le Hobby l'interdit. Et ceux qui utilisent KV, R2 ou D1, qui n'ont pas d'équivalent direct.

Sa limite. Le jeu de règles OWASP géré est réservé à Enterprise, et la facture monte vite au-delà du To inclus.

Comment migrer depuis Cloudflare. Ton fichier _redirects se réécrit dans vercel.json (le joker /* devient :path*). Les Pages Functions deviennent des routes d'API, les Workers des Edge Functions. Les données stockées dans KV, R2 ou D1 partent vers une base ou un stockage que tu choisis.

Prix
Pro 20 $/développeur/mois, 1 To inclus
Notre note
4,4/5
Remplace
Pages, Workers
Limite
Hobby non commercial
Voir les prix de Vercel →
06

Netlify : pour les sites de contenu publiés depuis Git

Remplace Pages

Pourquoi partir sur Netlify. Pour un site vitrine, un blog ou une documentation publiés depuis GitHub, Netlify fait le même travail que Pages avec une prise en main plus simple. Free coûte 0 $ (300 crédits par mois), Personal 9 $ (1 000 crédits), Pro 20 $ par mois pour toute l'équipe, membres illimités (3 000 crédits). Un Go de trafic consomme 20 crédits (environ 0,13 $), une mise en production 15 crédits.

Pour qui. Les petites équipes de contenu qui publient souvent et veulent un prix par équipe, pas par développeur. Contrairement au Hobby de Vercel, le gratuit de Netlify accepte un usage commercial.

Pour qui ce n'est pas fait. Les sites à gros trafic : 1 To consomme 20 000 crédits. Sur ce critère, Pages et Vercel restent bien moins chers.

Sa limite. Sur le gratuit, une fois les 300 crédits consommés, tes sites sont en pause jusqu'au mois suivant. Notre avis complet sur Netlify détaille le système de crédits, et notre page combien coûte Netlify fait les calculs.

Comment migrer depuis Cloudflare. Relie ton dépôt Git, reprends la commande de compilation, recopie ton fichier _redirects (Netlify lit le même format), puis ajoute ton domaine.

Prix
Pro 20 $/mois pour l'équipe
Notre note
4,1/5
Remplace
Pages
Limite
trafic cher en crédits
Voir les prix de Netlify →
07

deSEC : un DNS gratuit, associatif et sécurisé

Remplace le DNS

Pourquoi partir sur deSEC. Beaucoup de sites n'utilisent Cloudflare que comme DNS. deSEC est un DNS gratuit, géré par une association berlinoise à but non lucratif, financé par des dons, au code ouvert. Il signe ta zone en DNSSEC automatiquement et s'administre par une API REST, pratique pour obtenir des certificats Let's Encrypt par validation DNS.

Pour qui. Les développeurs, les associations et les PME qui veulent un DNS indépendant d'un grand groupe, sans payer.

Pour qui ce n'est pas fait. Ceux qui veulent une interface clé en main et un support garanti : c'est un service associatif. Si tu passes déjà par Bunny pour le CDN, Bunny DNS (gratuit jusqu'à 500 domaines) est plus simple.

Sa limite. Pas de proxy, pas de cache, pas d'anti-DDoS applicatif : c'est un DNS, rien d'autre.

Comment migrer depuis Cloudflare. Exporte ta zone au format BIND, remplace les IP Cloudflare des enregistrements proxifiés par celles de ton serveur, importe la zone, puis suis la procédure DNSSEC de l'étape 5 avant de changer les serveurs de noms.

Prix
gratuit (dons)
Remplace
DNS
Idéal pour
DNS indépendant avec DNSSEC
Limite
pas de proxy ni de cache
Voir le site de deSEC →
08

Pangolin : remplacer Cloudflare Tunnel sur ton propre serveur

Remplace les tunnels

Pourquoi partir sur Pangolin. Cloudflare Tunnel sert à exposer un service maison (un NAS, Jellyfin, une application interne) sans ouvrir de port. Pangolin fait la même chose chez toi : un proxy inverse tunnelé, auto-hébergé, qui passe par WireGuard avec un petit client (Newt). Sur le forum r/selfhosted, des utilisateurs le décrivent comme l'alternative auto-hébergée la plus simple aux tunnels Cloudflare. Le logiciel est gratuit ; tu paies seulement un petit serveur virtuel avec une IP publique.

Pour qui. Les particuliers et petites équipes qui auto-hébergent et ne veulent plus que leur trafic passe par Cloudflare, notamment pour la vidéo, que le proxy de Cloudflare gêne sur des applications comme Jellyfin.

Pour qui ce n'est pas fait. L'accès d'une équipe à des outils internes avec identité et règles par utilisateur : là, Tailscale est plus adapté. Notre guide pour quitter Tailscale compare d'ailleurs Tailscale et Cloudflare Zero Trust, dont le plan gratuit va jusqu'à 50 utilisateurs puis coûte 7 $ par utilisateur et par mois. Un utilisateur raconte faire tourner un serveur Plex derrière un CGNAT avec Tailscale depuis deux ans presque sans accroc.

Sa limite. Aucune protection DDoS : ton serveur virtuel encaisse tout seul. Et c'est à toi de le maintenir.

Comment migrer depuis Cloudflare. Installe Pangolin sur le serveur virtuel, le client Newt chez toi, recrée chaque route publique, puis supprime le tunnel et l'application Access correspondante chez Cloudflare.

Prix
gratuit, plus un serveur virtuel
Remplace
Tunnel
Idéal pour
auto-hébergement
Limite
pas de protection DDoS
Voir le site de Pangolin →
Le comparatif

Les 8 alternatives côte à côte

Pour un ordre de grandeur, prends un site qui sert 1 To par mois en Europe. Cloudflare Free : 0 $. Gcore : 0 €, le To est offert. CloudFront : 0 $ à l'usage (1 To offert) ou 15 $ en forfait Pro. Bunny.net : 10 $. Vercel Pro : 20 $, le To est inclus. Fastly : environ 108 $ hors requêtes. Le calcul change tout dès que tu ajoutes le pare-feu et l'anti-DDoS, inclus chez Cloudflare et Bunny, vendus à part chez Gcore et Fastly.

Prix d'entréeCe qu'il remplace chez Cloudflare
CloudflareLe point de départFree 0 $, Pro 20 $, Business 200 $ par mois (annuel)CDN, pare-feu, anti-DDoS, DNS, Workers, Pages, Zero Trust
Bunny.netEuropéen0,01 $ par Go en Europe, minimum 1 $ par moisCDN, pare-feu (Shield), anti-DDoS, DNS
GcoreGratuit en euros1 To gratuit, puis 0,01 € par GoCDN (protections vendues à part)
Amazon CloudFrontDéjà chez AWSFree 0 $, Pro 15 $ par moisCDN, règles de pare-feu
FastlyGros trafic0,12 $ par Go après 100 Go gratuitsCDN, code en périphérie (Compute)
VercelApplications Next.jsHobby 0 $, Pro 20 $ par développeurPages, Workers, anti-DDoS
NetlifySites de contenuFree 0 $, Pro 20 $ pour l'équipePages
deSECDNS associatifGratuitDNS avec DNSSEC
PangolinAuto-hébergéGratuit, plus un serveur virtuelTunnel

Prix hors taxes affichés par les éditeurs en 2026, susceptibles de changer. Cloudflare n'affiche ses prix qu'en dollars.

Plan de sortie

Quitter Cloudflare en neuf étapes

La plupart des coupures viennent d'un ordre mal suivi : des serveurs de noms changés avant que la nouvelle zone soit prête, un DNSSEC oublié, un certificat qui ne marche qu'avec Cloudflare. Voici l'ordre qui évite ces pièges.

01

Lister les services Cloudflare que tu utilises vraiment

Jour 1

Ouvre chaque domaine et note ce qui est actif : CDN et règles de cache, pare-feu et limitation de débit, DNS, Workers et Pages, Access et Tunnel, Registrar, Email Routing. Chaque service a sa propre sortie, et c'est le plus oublié (souvent le routage des emails) qui coupe quelque chose le jour J.

Astuce : tu n'es pas obligé de tout déplacer. Garder le DNS chez Cloudflare et sortir seulement le CDN, ou l'inverse, est un vrai choix.

Durée
une à deux heures
Risque si bâclé
un service oublié coupé
02

Exporter la zone DNS et repérer les enregistrements proxifiés

Jour 1

Dans le tableau de bord, va dans Records, puis Import and Export, puis Export : tu obtiens un fichier au format BIND (l'API le fait aussi, à 3 requêtes par minute, jusqu'à 256 Kio). Les enregistrements proxifiés portent l'étiquette cf-proxied:true. Ce sont eux qui pointaient vers les IP de Cloudflare : chez le nouveau fournisseur, ils doivent pointer vers l'IP réelle de ton serveur.

Si ton domaine nu (exemple.fr sans www) pointe par un CNAME, Cloudflare le permettait grâce à l'« aplatissement de CNAME ». Ailleurs, il faut un enregistrement ALIAS ou ANAME, ou une adresse IP fixe : vérifie que ton nouveau DNS le propose.

Format
fichier BIND
Piège
CNAME à la racine
03

Préparer toute la zone chez le nouveau DNS, emails compris

Jour 2

Recrée tout avant de toucher aux serveurs de noms : MX, SPF, DKIM, DMARC, CAA (qui autorise Let's Encrypt à émettre ton certificat) et les enregistrements de vérification de Google ou Microsoft. Un administrateur de serveur raconte que l'oubli de ses MX a fait rebondir des emails pendant sa migration.

Certains registrars demandent de changer les serveurs de noms avant de pouvoir saisir les enregistrements. Dans ce cas, prépare la zone chez un DNS indépendant (Bunny DNS, deSEC) pour que tout soit prêt à l'instant du changement.

Durée
une demi-journée
Risque si bâclé
emails perdus
04

Baisser les TTL quelques jours avant

J-3

Le TTL dit aux résolveurs combien de temps garder une réponse en mémoire. Baisse-le sur les enregistrements que tu vas changer quelques jours avant la bascule. Un changement de serveurs de noms se propage, lui, en 24 à 48 heures, quoi que tu fasses : garde l'ancienne configuration active pendant ce temps.

Propagation
24 à 48 heures
À garder
ancienne config active
05

Désactiver le DNSSEC dans le bon ordre

J-2

C'est l'étape qui coupe le plus de sites. Retire d'abord l'enregistrement DS chez ton registrar, attends que le changement se propage, puis seulement désactive le DNSSEC chez Cloudflare. Dans l'autre ordre, les résolveurs qui vérifient les signatures répondent SERVFAIL et ton domaine disparaît pour une partie d'Internet. Une fois chez le nouveau DNS, réactive le DNSSEC et publie le nouveau DS.

Ordre
DS retiré, attente, puis désactivation
Risque si bâclé
domaine injoignable
06

Remplacer les certificats, surtout l'Origin CA

J-1

Le certificat que voient tes visiteurs appartient à Cloudflare : il ne part pas avec toi, le nouveau CDN émet le sien. Le vrai piège est sur ton serveur. Si tu y as installé un certificat « Origin CA » de Cloudflare, seul Cloudflare lui fait confiance. Dès que le trafic arrive en direct ou par un autre CDN, les navigateurs affichent une erreur de certificat non fiable. Remplace-le par un certificat public, Let's Encrypt par exemple, avant la bascule.

À remplacer
certificat Origin CA
Par
un certificat public
07

Réécrire les règles chez le nouveau fournisseur

J-1

Redirections, règles de cache, règles de pare-feu, limitation de débit : rien ne s'exporte vers un autre fournisseur. Pour le cache, préfère « respecter les en-têtes de l'origine » : ton serveur décide, et tu ne dépends plus des règles propriétaires d'un CDN. Ça rendra ta prochaine migration plus simple aussi.

Durée
quelques heures
Conseil
cache piloté par l'origine
08

Basculer un sous-domaine d'abord, puis le site

Jour J

Commence par un sous-domaine qui sert les fichiers statiques (cdn.exemple.fr), vérifie le cache, les en-têtes et le certificat, puis bascule le site principal. Garde l'ancienne configuration quelques jours : du trafic continue d'arriver sur les anciennes adresses. Un administrateur a mesuré environ 1 Go par jour encore servi par l'ancien chemin après sa migration.

Durée
une journée, puis quelques jours de veille
Risque si bâclé
coupure visible
09

Sortir le nom de domaine de Cloudflare Registrar

Après

Si ton domaine est enregistré chez Cloudflare, déverrouille-le (Manage Domains, puis Configuration, puis Unlock), copie le code d'autorisation et lance le transfert chez le nouveau registrar. Cloudflare peut approuver tout de suite ; sinon, le transfert s'approuve seul le cinquième jour. La règle de l'ICANN interdit tout transfert dans les 60 jours qui suivent un enregistrement, un transfert ou un changement des coordonnées du titulaire. Notre comparatif des registrars t'aide à choisir où le mettre.

Délai
jusqu'à 5 jours
Blocage
60 jours après un changement

Ton outil n'est pas sur cette page ? Écris-nous : hello@hackceleration.com

Les pièges de migration

Ce qui fait rater une sortie de Cloudflare

Quitter Cloudflare n'est pas compliqué techniquement. Ce qui coûte, ce sont les oublis : un ordre, un enregistrement, un certificat. Chacun se règle en quelques minutes avant, et coûte des heures de coupure après.

Changer les serveurs de noms avant que la zone soit prête

Le moment où tu changes les serveurs de noms, la nouvelle zone doit déjà être complète. Une zone vide pendant quelques heures, c'est un site et des emails coupés pour une partie des visiteurs, et 48 heures de propagation pour corriger.

Oublier le DNSSEC

Un DS laissé chez le registrar qui ne correspond plus à rien, c'est un SERVFAIL. L'erreur ne se voit pas tout de suite chez toi si ton résolveur ne vérifie pas les signatures, mais elle touche ceux qui le font.

Laisser un certificat Origin CA sur le serveur

Tout marche tant que Cloudflare est devant. Le jour où tu le retires, les visiteurs voient une alerte de sécurité. Vérifie l'émetteur du certificat de ton serveur avant la bascule.

Garder le domaine chez son CDN

Si ton CDN coupe ton compte, et que ton domaine est chez lui, tu ne peux même plus repointer ailleurs. Sépare toujours le registrar, le DNS et le CDN, ou au moins le registrar.

Comparer des prix qui ne se comparent pas

Cloudflare inclut le pare-feu et l'anti-DDoS. Gcore et Fastly les vendent à part, CloudFront limite les règles par forfait. Compare avec la protection dont tu as besoin, pas seulement le prix au Go.

Partir de Workers sans plan pour les données

Le code se réécrit. Les données dans KV, R2, D1 ou Durable Objects doivent être exportées et déplacées vers un autre stockage. Ne programme pas la bascule avant d'avoir copié et vérifié ces données.

  • Liste des services Cloudflare actifs par domaine
  • Zone DNS exportée en BIND
  • Enregistrements proxifiés repointés vers l'IP réelle
  • CNAME à la racine remplacé par ALIAS, ANAME ou IP
  • MX, SPF, DKIM, DMARC et CAA recréés
  • TTL baissés quelques jours avant
  • DS retiré avant de désactiver le DNSSEC
  • Certificat Origin CA remplacé par un certificat public
  • Règles de cache, de redirection et de pare-feu réécrites
  • Sous-domaine basculé et vérifié avant le site
  • Données Workers (KV, R2, D1) copiées
  • Domaine sorti de Cloudflare Registrar si besoin
FAQ · 8 questions

Questions fréquentes sur l'alternative à Cloudflare

  • Existe-t-il une alternative gratuite à Cloudflare ?

    Oui pour un service, non pour l'ensemble. Gcore offre 1 To de CDN par mois, CloudFront 1 To à l'usage ou un forfait Free, Bunny DNS et deSEC un DNS gratuit, Pangolin des tunnels gratuits sur ton propre serveur. Mais aucun gratuit ne réunit le CDN, le pare-feu et l'anti-DDoS illimité comme le plan Free de Cloudflare.

  • Comment retirer Cloudflare de son site sans le couper ?

    En préparant la nouvelle zone DNS avant de changer les serveurs de noms. Exporte la zone, remplace les IP de Cloudflare par celle de ton serveur, recrée les emails, désactive le DNSSEC dans le bon ordre et remplace le certificat Origin CA. Pour un retrait temporaire, Cloudflare propose aussi de mettre le site en pause, à condition d'avoir un certificat public sur ton serveur.

  • Cloudflare est-il compatible avec le RGPD ?

    Cloudflare publie un accord de traitement des données en français et encadre les transferts par le Data Privacy Framework et des clauses contractuelles types. Reste le Cloud Act, qui peut obliger une société américaine à fournir des données, même hébergées en Europe. Ce n'est pas une interdiction : c'est un risque à évaluer avec ton DPO selon ce qui transite.

  • Cloudflare peut-il lire mon trafic ?

    Techniquement oui, quand le proxy est activé : la connexion HTTPS est déchiffrée chez Cloudflare avant d'être rechiffrée vers ton serveur. Tout CDN qui met en cache fait de même. Pour l'éviter, il faut un DNS sans proxy, et renoncer au cache et au pare-feu en périphérie.

  • Faut-il deux CDN pour ne plus subir les pannes ?

    Rarement. Le multi-CDN coûte cher à exploiter et se justifie surtout pour les grandes entreprises. Pour une PME, l'intermédiaire raisonnable est de garder la main sur son DNS et de savoir désactiver le proxy en quelques minutes : ton domaine pointe alors en direct sur ton hébergeur, s'il tient la charge.

  • Existe-t-il une alternative européenne à Cloudflare ?

    Oui. Bunny.net (Slovénie) couvre le CDN, le pare-feu et le DNS ; Gcore (Luxembourg) le CDN ; deSEC (Allemagne) le DNS. Pour la souveraineté, Scaleway, OVHcloud, Myra et Link11 sont aussi cités, mais sans prix public lisible pour leur CDN. OVHcloud inclut son anti-DDoS dans tous ses produits.

  • Par quoi remplacer Cloudflare Workers ?

    Par Vercel (Edge Functions), Netlify Edge Functions, Fastly Compute ou AWS Lambda@Edge, selon où tourne le reste de ton application. Évite Deno Deploy : Deno rejoint Cloudflare et Deno Deploy doit fermer six mois après l'annonce. Le plus long n'est pas le code mais les données dans KV, R2 ou D1, qui n'ont pas d'équivalent direct.

  • Que deviennent mes protections si je quitte Cloudflare ?

    Elles partent avec lui : le pare-feu, l'anti-DDoS et la gestion des robots ne te suivent pas. Chez Bunny, Shield Basic est gratuit avec 71 règles et l'anti-DDoS inclus. Chez Vercel, l'anti-DDoS est inclus sur tous les plans. Chez Gcore et Fastly, prévois un budget à part.

Hack'celeration Labs

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